Le récit de George

Mourir pour des soins

Au milieu des années 1990, un homme d'âge mûr, atteint d'un cancer avancé, est entré dans mon cabinet dans une petite ville du sud du Manitoba. J'étais le troisième médecin qu'il visitait pour obtenir de l'aide. Il est aux prises avec des douleurs intenses et aucun des médecins qu'il avait rencontrés n'avaient été capables de l'aider.

Se sachant en phase terminale, il n'avait pas peur de mourir, mais il craignait de souffrir pendant ce temps qu'il lui restait à vivre. Malheureusement, comme les autres médecins et comme bien d'autres professionnels de la santé, je n'avais jamais reçu de formation en soins palliatifs. J'ai avisé George que je ne pourrais augmenter sa dose de morphine et qu'il n'y avait rien d'autre que je puisse faire.

George était anéanti. Ce que je ne savais pas, c'est que la dose était déjà trop faible et que des augmentations auraient été efficaces et sans danger. George a pris la main de sa femme et, comme il quittait la salle d'examen, il s'est retourné et m'a dit :

“J'espère qu'un jour, les médecins (et les autres professionnels de la santé) comme vous sauront comment prendre soin des gens comme moi.”

C'est à ce moment que j'ai compris qu'en tant que simple médecin de famille sans spécialisation médicale en soins palliatifs, il y avait sûrement quelque chose que je pouvais faire de plus pour soutenir mes patients atteints de maladies limitant leur espérance de vie. J'ai recherché les occasions de formation pour améliorer mes connaissances et quelques semaines plus tard, je me suis rendu dans une autre province pour suivre une formation de quatre jours sur les soins palliatifs afin d'apprendre comment mieux soutenir et aider les patients et les familles qui font face à une maladie limitant l'espérance de vie.

Nouvellement armé de connaissances qui m'ont aidé à faire bénéficier mes patients d'une approche de soins palliatifs, j'ai repris contact avec George à mon retour au Manitoba afin de lui offrir des soins de compassion pour soulager la douleur et les symptômes et améliorer sa qualité de vie jusqu'à son décès, qui est survenu quelques mois plus tard.

Cette expérience avec George a mené à la création du programme Pallium.